INTERVIEW : Maguelone Bonnaud, rédactrice en chef adjointe en charge de la culture et de la télévision du Parisien

Propos recueillis par Mathieu Rousselot, Brand Manager France

1) Qui êtes-vous et quel est votre rôle au Parisien ?

Maguelone Bonnaud, rédactrice en chef adjointe en charge de la culture et de la télévision. Chef d’orchestre des Etoiles.

2) Qu’est-ce que l’opération Les Etoiles ?

Les Etoiles, créées en 2013, sont des prix annuels du « Parisien » « Aujourd’hui en France » dans les domaines de la culture (cinéma, théâtre, musique, littérature, BD…) et de la télévision (personnalités, séries, divertissement, magazine…) Ces coups de cœur décernés par des experts de la rédaction sont remis dans le cadre d’une soirée musicale, spectaculaire et festive baptisée « Les Etoiles ». Il y a déjà eu 4 éditions, les 2 premières à la Bellevilloise, la 3ème au Cabaret sauvage et la dernière au Barrio latino

3) Qu’est-ce que l’Etoile espoir ?

A l’occasion du cinquième anniversaire des Etoiles du Parisien, la rédaction lance un tremplin musical destiné à faire émerger de jeunes talents et à les aider à développer leur carrière. La sélection, réalisée à partir des candidatures déposées sur le site de crowdfunding KissKissBankBank se déroulera en quatre étapes : trois tremplins (juillet, septembre et novembre) où nos favoris joueront en live permettront de retenir 3 lauréats. La finale aura lieu en décembre, dix jours avant la cérémonie des Etoiles, qui intronisera l’Etoile espoir.

4) Est-ce ouvert à tous les artistes indépendants? Quelles sont les conditions d’inscription ?

Le tremplin est ouvert à tous les musiciens âgés de plus de 16 ans, quelle que soit leur genre musical. Un éclectisme à l’image de celui du Parisien, qui traite aussi bien la variété que le rock, le rap, l’electro ou le folk.

5) Sur quels critères est basée la sélection ?

L’inventivité, la singularité, la qualité de composition, la qualité des textes le cas échéant, la prestation scénique pendant les tremplins… et, à l’image de notre journal, la conjugaison de l’accessibilité et de la qualité.

6) Quelle est la dotation pour le vainqueur ?

  • Une mise en avant sur l’ensemble des supports du Parisien (journal, site internet, réseaux sociaux) et un relai sur nos sites partenaires , KKBB, Gibson, Tunecore.
  • Un accompagnement pour développer sa carrière : coaching personnalisé Tunecore/ Believe, mise en relation avec des professionnels de la musique, création de votre site web…
  • Le pressage de 300 vinyles 12’’ par Squeezer
  • La distribution gratuite de sa musique sur les sites de streaming par Tunecore pour 5 ans
  • Pour le lauréat de chaque tremplin :

o   1000€ sur la collecte KissKissBankBank

o   1 micro Neat

o   1 casque KRK KNS 8400

Pour le grand gagnant : le titre d’Etoile espoir du Parisien décerné lors de la soirée des Etoiles.

7) Quelles sont, plus généralement, les actions du Parisien envers les artistes indépendants ?

Certes, notre journal parle avant tout des artistes qui ont déjà des maisons de disques. Mais il met régulièrement en avant des musiciens qui commencent à faire parler d’eux, à buzzer sur le web, comme ce fut le cas, à leurs débuts, avec Fauve, Christine and The Queens ou Le Prince Miiaou

 

Pour vous inscrire au tremplin ‘Etoile Espoir’, c’est ici : http://www.leparisien.fr/l-etoile-espoir-2017/

 

INTERVIEW : Emmanuel Lebarbier, fondateur de ConfliktArts

Propos recueillis par Mathieu Rousselot, Brand Manager France

 

1. Qui es-tu? Quel est ton parcours?

Bonjour, je suis le fondateur de ConfliktArts.

J’ai débuté il y a 15 ans en manageant mon groupe. Ce n’était pas forcément une vocation mais plutôt une nécessité car les autres membres n’avaient pas le temps pour chercher des dates, s’occuper du Merch… Finalement cela m’a plu, j’ai commencé à proposer mon aide à certains groupes locaux. A côté, j’étais disquaire. J’ai décidé en Août 2006 de lancer ConfliktArts, l’idée était de regrouper les principaux besoins de fabrication des artistes autoproduits sur une même plateforme.

2. Peux-tu nous résumer l’aventure ConfliktArts?

Nous avons démarré il y a 10 ans, nous travaillons aujourd’hui avec + de 30 000 groupes à travers la France, Belgique, Suisse mais aussi Espagne, UK , Allemagne, Italie et Grèce. Actuellement nous fabriquons 250 nouveaux albums (références) chaque mois ! Que ce soit en CD ou en Vinyle. Le CD reste une étape importante pour un jeune groupe amateur car premièrement cela représente encore l’aboutissement physique d’un projet et deuxièmement la vente après les concerts reste la principale source de revenus très loin devant tout autre mode de commercialisation.

 3. Que proposez-vous? Est-ce que vous vous adressez à tous les artistes? 

Nous accompagnons tous les artistes dans leurs besoins de fabrication essentiellement. Du sticker jusqu’au pressage de leur vinyle ! Les groupes passent commande très simplement et en autonomie sur le site. De notre côté, grâce à notre volume de commandes, nous sommes en mesure de leur proposer le meilleur rapport qualité / prix du marché.

 4. Si je suis un artiste indépendant TuneCore, que je démarre ma carrière, avec un EP en ligne, quels conseils me donneriez-vous en terme de Merch / CD / Vinyles…?

Je vais paraître rétrograde mais le CD est le produit le plus intéressant pour un groupe car très peu cher à fabriquer (- d’1 € en moyenne) et il peut se vendre en concert 10 €, c’est facile à transporter, à vendre, facile à embarquer pour le fan et un billet de 10 sans monnaie à rendre.

Honnêtement, même si personne n’est dupe sur l’usage qui s’en fera ensuite et qu’évidemment le fan préfèrera au quotidien écouter sur son téléphone via Spotify ou Youtube, le CD reste un objet que les fans aiment acheter.

Le vinyle est vraiment top mais plus compliqué à trimballer en tournée, beaucoup plus cher à fabriquer et le prix de vente peut parfois freiner.

Le T-shirt est un produit qui arrive quasi tout le temps après le CD dans les besoins d’un groupe. Je pense qu’ils ont besoin que le produit existe… Alors oui le CD encore et encore 😉

5. Plus globalement, en quelques lignes, quelle est la stratégie/les bonnes pratiques en terme de Merch / CD  / Vinyles…? Cela dépend-il de mon audience, de mon style musical ou autre? 

Ca dépend surtout du niveau de développement du groupe !

On ne parle que très rarement des groupes qui ne font qu’une dizaine de concerts par an, pourtant ils représentent la grande majorité des groupes en France !

Ils jouent dans les bars, à la fête de la musique, achètent des instruments, distribuent leur musique sur les plateformes…

Mais cela reste insuffisant pour en vivre, insuffisant pour développer une large fan base sur les réseaux sociaux ni même vendre avec un shop en ligne et ne parlons pas de vendre en magasin.

Ils doivent se concentrer sur le live, vendre leurs produits à la fin des concerts, donc encore une fois le N°1 est le CD, ensuite un vinyle si ils veulent se faire plaisir mais le T-shirt peut très bien être le produit N°2.

Lorsqu’un groupe dépasse les 30 concerts par an, il peut commencer à envisager les choses autrement, les fans commencent à arriver sur la page Facebook et il est possible de préparer des produits plus ambitieux.

Quant aux styles de musique, oui chaque style a ses pratiques. Nous pouvons voir que le Rap va plus facilement zapper le Cd pour avoir uniquement la musique en streaming et vendre du Merch. Le groupe de Métal va rester attaché au physique et particulièrement au vinyle et t-shirts. Le groupe de Chanson va quant à lui sortir un CD car il aura plus de possibilités de jouer en live et donc de vendre facilement cet objet.

Enfin chaque groupe doit faire en fonction de ses revenus sans oublier qu’il n’y a pas de règle absolue et c’est ce qui rendra leur démarche intéressante auprès de leurs fans, toujours essayer de surprendre !

6. Comment gérer ses stocks? 

Pour les petits groupes cela se fait souvent chez l’un d’entre eux, cela peut parfois poser des soucis d’organisations mais il faut atteindre un certain volume avant de pouvoir externaliser sa logistique, cela reste couteux.

Disons que lorsqu’on arrive à un passage journalier à la poste pour envoyer ses colis, il faut peut-être y réfléchir et trouver une solution pro.

7. Quelles sont les prochaines étapes pour ConfliktArts ?

En ce qui nous concerne, continuer à accompagner les groupes autoproduits dans leurs besoins. Essayer de coller au maximum à leurs problématiques en s’adaptant aux évolutions du marché. Ce qui n’est pas évident car il y a plusieurs vitesses et ce que certains groupes vivent peut ne pas du tout correspondre à d’autres groupes qui en sont à un autre stade de développement.

Les jeunes groupes ont besoin de jouer, de trouver des bars sympas où ils sont bien accueillis avec une bonne sono et d’apprendre progressivement à se professionnaliser. Nous continuerons donc à les accompagner dans ce sens.

Pour en savoir plus sur ConfliktArts, c’est ici: www.confliktarts.com