Quel est le rôle de l’éditeur ?

Cet article a été rédigé par Daniel Findikian, Directeur de l’EMIC Paris, Ecole de Management des Industries Musicales

Le métier de l’éditeur est centré sur l’œuvre.

Le métier d’éditeur musical (publishing en anglais) est souvent méconnu du grand public.

Si on connaît une chanson souvent par son interprète, et celui-ci n’est pas forcément toujours l’auteur et le compositeur de cette chanson. De nombreux créateurs –auteurs et compositeurs – n’interprètent pas leurs œuvres.

L’éditeur détient le droit de fabriquer ou faire fabriquer en nombre l’œuvre. Si pendant longtemps son rôle consistait à fabriquer la partition, œuvre en temps qu’édition graphique, son rôle a changé et il intervient désormais comme conseiller de carrière, un directeur artistique et un appui financier.

L’éditeur représente l’auteur et le compositeur.

L’éditeur a pour mission de développer la carrière discographique de son auteur/compositeur et ainsi lui trouver, s’il est également interprète, un label (financement de maquettes, répétitions etc.) ou financer une partie de son album. Il est également son partenaire pour le développement de sa carrière scénique auprès du producteur de spectacle (participation au financement de la tournée). Il gère et accroit la notoriété des œuvres de son auteur en plaçant ses œuvres dans les différents secteurs audiovisuels (films, publicité, jeu vidéo etc.) ou sur d’autre supports (placement de chanson auprès d’artiste interprète par exemple). Enfin il construit la carrière de son auteur à l’international, notamment en lui trouvant un sous-éditeur à l’étranger.

L’auteur et son éditeur sont liés par un contrat d’édition musicale et un contrat de cession qui régissent leur collaboration.

L’interview d’un jeune directeur artistique dans le pôle édition musicale d’Universal vous permettra d’avoir un éclairage sur le métier de directeur artistique au sein des éditions musicales ici  Directeur Artistique

Je suis un jeune artiste, jeune groupe qui écrit ses chansons, ai-je besoin d’un éditeur ?  

Lorsque votre titre passe à la radio, quand il est joué en concert, votre œuvre génère des droits. Lorsque ce même titre est téléchargé ou streamé, il génère de nouveau des droits, que vous pouvez capter si vous avez un éditeur et que vous avez fait toutes les démarches auprès de la SACEM. Un jeune artiste qui n’a pas encore d’éditeur peut passer par des services de collecte comme TuneCore

Aujourd’hui plus qu’hier l’auteur est seul, il ne peut convaincre tout seul une industrie de plus en plus atomisée, il ne peut convaincre seul des centaines de différents partenaires de placer ses oeuvres, il ne peut collecter ses droits sur des plateformes de distribution numérique de plus en plus sophistiquées, s’il veut développer sa carrière, il a donc besoin d’un partenaire : l’éditeur et la société de gestion SACEM.

  • SLDGHRAM1

    Entre cet article et celui sur l’évolution de la vie d’un album, la place de la SACEM (ou autre société de gestion collective) est bien mise en avant … cependant il manque quelque chose d’essentiel, à savoir, lorsque l’on parle de jeunes/nouveaux talents, le manque absolu de flexibilité de la SACEM pour ceux n’ayant pas un album physique à sortir du chapeau …. ce qui constitue actuellement un beau paquet de monde. Tunecore propose le publishing administration, ce qui se reproche des P.R.O, mais les oeuvres « administrées » sont-elles « protégées » comme elles le seraient sous l’égide de la SACEM ? Les informations sur cette « protection » juridique sont floues au mieux un peu partout sur le net … voilà peut-être matière à un futur article sur ce blog 🙂