Par Cédric Tilèpe, fondateur de l’atelier de Cédric / Formation TEMPO

Le XIXème siècle est marqué par les prémices de l’industrie musicale. La production industrielle de partitions de chansons populaires est en plein essor, mais ce qui intéresse la recherche de l’époque, c’est un moyen de conserver l’ensemble sur un support, sans écrire manuellement, c’est ce que l’on appelle la phonographie.

En 1877, Thomas Edison invente le phonographe; en 1887, Émile Berliner conçoit le gramophone. Ces deux appareils, pourtant différents, partagent le même destin: l’avènement de la musique enregistrée et c’est ce qui amorcera définitivement le début de l’industrie musicale. L’apparition de cette nouvelle technologie entraîne un bouleversement social important, c’est dans ce contexte fertile que naissent les labels qui vont permettre de structurer et de commercialiser cette nouvelle opportunité.

Au fil du temps, le label est devenu une entité puissante de l’industrie musicale, tout autant qu’un artiste ou un groupe, mais qu’est-ce qu’un label ?


Il est important de revenir sur la signification des termes “maison de disque” et “label”. Une maison de disque est une société qui possède une “image”, une “marque” pour pouvoir commercialiser ses artistes; cette “marque”, c’est le label. Elle est évidemment importante car il s’agit d’une information donnée sur l’artiste “labellisé”, une identité, un repère pour l’auditeur / futur consommateur. 

Il s’agit d’une société dont l’activité principale est de produire et/ou de distribuer des enregistrements musicaux d’artistes à des fins commerciales. Ces actions sont définies selon différents types de contrats :

Le contrat d’artiste entre le label et l’artiste-interprète principal qui, après signature, confie l’exclusivité de son travail au label et ce, durant une période définie par ce contrat. Les droits “master” sont détenus par ledit producteur phonographique qui rémunère l’artiste pour ses sessions de travail en studio et par un pourcentage proportionnel au nombre de ventes.

  • Dans ce type de contrat et selon les usages en vigueur, environ 10% des royautés sont reversées à l’artiste et aux alentours de 90% à la maison de disque / label / producteur phonographique (trois synonymes). Le producteur est propriétaire de l’enregistrement étant donné qu’il l’a intégralement financé. Le projet de l’artiste est financé de A à Z, de l’enregistrement à la réalisation des titres, en passant par la promotion, le marketing ou encore le financement de clips et supports de communication. 

Le contrat de licence: le producteur (généralement l’artiste ou plutôt sa propre structure de production) cède à la maison de disque / label, pour une durée déterminée, les droits de fabrication, de distribution et d’exploitation de la licence de l’album (droits master). Il est  ainsi un partenaire pouvant s’avérer judicieux selon les caractéristiques du projet. 

  • Dans ce type de contrat et selon les usages en vigueur, environ 30% des royalties sont reversées à l’artiste et aux alentours de 70% à la maison de disque / label.

Le contrat de distribution met en relation le producteur phonographique avec un distributeur. Le distributeur est en charge de rendre disponible dans les différents points de ventes l’album en version physique et/ou digitale. 

  • Dans ce type de contrat et selon les usages en vigueur, environ 70% des royalties sont reversées au producteur et aux alentours de 30% au distributeur; le pourcentage va également dépendre des éventuels services “supplémentaires” proposés par le distributeur (notamment promo, pitch auprès des édito de playlists streaming…).

L’intérêt pour un artiste d’être signé en label / maison de disque, c’est principalement de voir sa carrière artistique gérée d’un point de vue administratif, juridique, promotionnel et commercial. Toutes ces qualités requièrent des capacités certaines que l’artiste ne possède pas forcément, d’où l’intérêt de confier ces tâches à une équipe de professionnels compétents. 


Toutefois, il est intéressant de constater que, de nos jours, de plus en plus d’artistes parviennent à mener une carrière musicale en toute indépendance, sans avoir recours à l’appui d’une maison de disque, via leur propre structure de production. 

Aujourd’hui, un artiste peut donc tout à fait envisager de se soustraire à la recherche d’un label et devenir son propre producteur par la création de sa structure de production (société ou association). L’artiste-entrepreneur peut également devenir son propre éditeur (ou démarcher un éditeur) et signer avec un distributeur en tant que producteur de son projet. Cette tendance à l’auto-production se présente comme un nouveau canal à part entière de développement d’un projet artistique, en marge de la chaîne “classique” producteur / éditeur / distributeur. Le “direct-to-fan” s’inscrit comme un modèle dans lequel l’artiste sort du cadre convenu de l’industrie en s’adressant directement à ses fans et ce, sans aucun intermédiaire. Ceci est évidemment rendu possible par le développement important des réseaux sociaux et des différentes plateformes en ligne permettant de gérer toutes les étapes parfois complexes du merchandising.

La distribution digitale est devenue, au fil des années, de plus en plus simple à gérer et un agrégateur tel que TuneCore permet de bénéficier de services très clairs et accessibles pour les artistes indépendants; il est ainsi possible de diffuser rapidement ses contenus sur toutes les plateformes de streaming, de monétiser son contenu YouTube et Instagram, tout en récupérant 100% de ses royautés. Il s’agit également, à travers les différents outils proposés, de pouvoir bien comprendre, développer et entretenir sa communauté.

Les avantages de cette stratégie sont nombreux, notamment la mise en place d’une forte proximité entre l’artiste et son public, conférant ainsi un sentiment d’authenticité et une communication plus précise, basée sur les attentes réelles de la communauté de l’artiste. Par ailleurs, moins d’intermédiaires = moins de frais, les revenus engrangés sont donc plus intéressants.


Attention, maîtriser toutes ces compétences prend du temps, demande une certaine rigueur et de l’investissement personnel; accomplir soi-même un travail habituellement réalisé par un professionnel qualifié n’est pas sans  “risque” quant aux résultats obtenus.

Pour partir sur de bonnes bases et bien comprendre les enjeux de l’industrie musicale, il est important de se former, l’offre de formation en musiques actuelles étant aujourd’hui relativement bien développée. 

Parmi les cursus proposés, TEMPO – Formation pour Artiste entrepreneurs – c’est une formation courte et intense pour vous aider à mieux comprendre et intégrer rapidement les principes fondamentaux qui définissent aujourd’hui le monde des musiques dites actuelles. 24 heures réparties sur 3 journées pour mieux comprendre le Tour, l’Édition, le Management, la Promotion, la Production ainsi que les Organismes et aides destinées aux porteurs de projets en musiques actuelles. Cette formation est également adaptée aux managers, en devenir ou déjà en activité, qui souhaitent maîtriser cet écosystème particulier pour mieux gérer la carrière de leurs artistes.


Formé au piano classique et à la composition, c’est en 2010 que Cédric ouvre l’Atelier, dans le but d’aider les jeunes auteurs-compositeurs-interprètes à développer leur projet musical dans les meilleures conditions, notamment via l’organisation de rencontres entre artistes et professionnels, moments privilégiés propices à la construction d’un réseau solide et précieux. Également manager et éditeur, Cédric crée en juillet 2019 son propre label – MAGNETO – label totalement indépendant distribué par BELIEVE.  TEMPO  c’est le fruit de ses 10 années de rencontres avec 1700 professionnels en activité dans l’industrie musicale.

Tags:

Notre playlist

Restez Informé

Inscrivez-vous à Notre Newsletter