INTERVIEW : Julia Babando, responsable du tremplin Columbus Artistes & Co

Propos recueillis par Mathieu Rousselot, Brand Manager France

1) Pouvez-vous nous parler un peu de vous et du réseau Columbus Café ?

Je suis Julia Babando, j’ai intégré Columbus Café en janvier 2016 en tant que chef de projet et je suis en charge du tremplin Columbus Artistes & Co.

Columbus Café est une enseigne française de Coffee Shops. Nos clients viennent entre amis, en famille, entre collègues ou même seuls. Les gens aiment retrouver l’ambiance conviviale… et nos délicieux produits évidemment !

Nous sommes en constante progression avec plus de 130 points de vente situés partout en France.

Cela représente des milliers d’oreilles chaque jour qui écoutent notre radio lors de leur visite !

2) Qu’est-ce que le Columbus Artistes & Co ?

Columbus Artistes & Co c’est l’événement qui a été lancé par Columbus Café en 2016, un véritable laboratoire créatif et tremplin artistique à destination de ses clients et pour tous ceux qui possèdent une passion ou un talent caché. Columbus Artistes & Co est né d’un constat simple : de nombreux talents se cachent dans nos régions sans avoir les moyens de se révéler. Nous avons donc décidé́ de lancer un tremplin pour offrir de la visibilité́ aux artistes en herbe, en leur prêtant ses murs pour exposer, sa radio pour être écouté et ses objets collectors à designer. Proposer un terrain d’expression pour toutes les passions, voilà l’objectif de Columbus Artistes & Co.

3) Tous les artistes indépendants peuvent participer ? Quelles sont les conditions ?

Tout le monde peut participer au tremplin : les groupes de musique, solistes, chanteurs, amateurs ou un peu plus confirmés, mais surtout les passionnés de musique qui souhaitent faire découvrir leur univers musical. Columbus Café leur prête sa radio !

Le projet est ouvert à toute personne vivant en France métropolitaine et DOM-TOM, il faut avoir 16 ans au moins à la date de participation, toute personne en dessous de 18 ans devra fournir une autorisation de ses parents/représentants légaux.

4) Comment se passe la sélection ?

Chaque mois, les candidats soumettent leurs fichiers audios via le site internet www.columbus-artistes.com, catégorie Musique. Une fois le dossier réceptionné, une présélection est faite par un directeur artistique (Radioshop) qui sélectionne 3 artistes.
Les 3 artistes s’affrontent et mobilisent leurs communautés pour obtenir un maximum de votes durant 15 jours. Le 1er de chaque mois l’artiste/groupe qui aura récolté le plus de votes sera désigné grand gagnant du mois.

5) Que gagne le vainqueur de la catégorie musique ?

Les artistes ont la chance d’être écouté par des milliers d’oreilles, et gagnent ainsi un nouveau public ! En effet, le titre gagnant est diffusé en podcast pendant 1 mois sur le site internet, les réseaux sociaux et dans les 130 boutiques Columbus Café & Co de France.

Ce tremplin permet de gagner en notoriété et de profiter de la visibilité qu’offre Columbus Artistes & Co et Columbus Café & Co via le site internet et les réseaux sociaux.

Nous travaillons avec deux agences de presse, l’une sur le régional et l’autre sur le national, chaque mois des communiqués de presse sont envoyés à différentes agences et journalistes partout en France, le but est de faire connaitre les artistes.

6) Avez-vous des exemples d’artistes qui se sont fait découvrir grâce au concours Columbus Artistes & Co ?

Nous n’avons pas encore eu l’opportunité de mesurer les retombées concernant les artistes participants, mais nous mettons tout en œuvre pour mettre les gagnants et finalistes en avant, nous travaillons avec une agence de presse nationale et une agence de presse régionale, qui communique chaque mois sur les artistes.

Quel est le rôle de l’éditeur ?

Cet article a été rédigé par Daniel Findikian, Directeur de l’EMIC Paris, Ecole de Management des Industries Musicales

Le métier de l’éditeur est centré sur l’œuvre.

Le métier d’éditeur musical (publishing en anglais) est souvent méconnu du grand public.

Si on connaît une chanson souvent par son interprète, et celui-ci n’est pas forcément toujours l’auteur et le compositeur de cette chanson. De nombreux créateurs –auteurs et compositeurs – n’interprètent pas leurs œuvres.

L’éditeur détient le droit de fabriquer ou faire fabriquer en nombre l’œuvre. Si pendant longtemps son rôle consistait à fabriquer la partition, œuvre en temps qu’édition graphique, son rôle a changé et il intervient désormais comme conseiller de carrière, un directeur artistique et un appui financier.

L’éditeur représente l’auteur et le compositeur.

L’éditeur a pour mission de développer la carrière discographique de son auteur/compositeur et ainsi lui trouver, s’il est également interprète, un label (financement de maquettes, répétitions etc.) ou financer une partie de son album. Il est également son partenaire pour le développement de sa carrière scénique auprès du producteur de spectacle (participation au financement de la tournée). Il gère et accroit la notoriété des œuvres de son auteur en plaçant ses œuvres dans les différents secteurs audiovisuels (films, publicité, jeu vidéo etc.) ou sur d’autre supports (placement de chanson auprès d’artiste interprète par exemple). Enfin il construit la carrière de son auteur à l’international, notamment en lui trouvant un sous-éditeur à l’étranger.

L’auteur et son éditeur sont liés par un contrat d’édition musicale et un contrat de cession qui régissent leur collaboration.

L’interview d’un jeune directeur artistique dans le pôle édition musicale d’Universal vous permettra d’avoir un éclairage sur le métier de directeur artistique au sein des éditions musicales ici  Directeur Artistique

Je suis un jeune artiste, jeune groupe qui écrit ses chansons, ai-je besoin d’un éditeur ?  

Lorsque votre titre passe à la radio, quand il est joué en concert, votre œuvre génère des droits. Lorsque ce même titre est téléchargé ou streamé, il génère de nouveau des droits, que vous pouvez capter si vous avez un éditeur et que vous avez fait toutes les démarches auprès de la SACEM. Un jeune artiste qui n’a pas encore d’éditeur peut passer par des services de collecte comme TuneCore

Aujourd’hui plus qu’hier l’auteur est seul, il ne peut convaincre tout seul une industrie de plus en plus atomisée, il ne peut convaincre seul des centaines de différents partenaires de placer ses oeuvres, il ne peut collecter ses droits sur des plateformes de distribution numérique de plus en plus sophistiquées, s’il veut développer sa carrière, il a donc besoin d’un partenaire : l’éditeur et la société de gestion SACEM.

TUNECORE LANCE ‘LES RENCONTRES INDÉS’

TuneCore part à la rencontre des artistes et acteurs culturels indépendants

Cher artiste TuneCore, nous sommes ravis de vous annoncer le lancement du programme ‘Les Rencontres Indés’, organisé en collaboration avec Scènes Locales. Avec pour objectif d’aller à votre rencontre pour mieux comprendre vos besoins, l’équipe TuneCore se rendra dans les principales villes en France pour organiser des ateliers, avec la participation d’experts de l’industrie musicale, dans un but pédagogique et pour partager les bonnes pratiques pour développer votre carrière.

Après une première date à Annecy le 9 mars 2017, nous sommes heureux d’annoncer deux nouvelles dates :

– à Marseille le 18 avril 2017, à l’Affranchi

– à Nantes le 9 mai 2017, au Trempolino

Le tour continuera ensuite dans le reste de la France. Les dates et détails de chaque évènement de ce tour seront disponibles sur cette page.

À chaque rencontre, TuneCore et Scènes Locales inviteront des professionnels issus de l’industrie musicale, spécialisés dans des domaines ayant un lien direct avec les problématiques rencontrées par les acteurs culturels locaux : booking, production, marketing, distribution, gestion des réseaux sociaux, etc. Ils échangeront sur les meilleures pratiques à suivre pour les artistes indépendants, leur donneront des conseils sur leur domaine d’expertise. Chaque date sera organisée dans un lieu culturel local. Cet évènement gratuit sera clôturé par un live acoustique d’un artiste local.

Vous souhaitez nous rencontrer ? Rien de plus simple : publiez dans les commentaires ci-dessous votre ville et nous essaierons de l’inclure au programme !

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LES RENCONTRES INDÉS À MARSEILLE

Lieu & date : Marseille – L’Affranchi / 18 avril 2017 à 17h00

Inscription gratuite Eventbrite, cliquez ici (dans la limite des places disponibles)

Les experts présents :

Pour TuneCore : Mathieu Rousselot, Brand Manager France. Mathieu vous donnera des conseils sur la distribution digitale et tous les sujets qui y sont rattachés (plateformes digitales, modèles de distribution, rémunération, etc.)

Pour Scènes Locales : Will Lanthier, fondateur. Will est un spécialiste de la relation artiste et le développement de carrière, il est l’interlocuteur privilégié pour tout ce qui concerne la présence des artistes indépendants sur leur scène locale, et comment passer au niveau supérieur.

Pour l’Affranchi : Miloud Arab-Tani, directeur. L’Affranchi est une salle réputée à Marseille, tournée vers les artistes indépendants avec une réelle cohérence artistique et une sélection très qualitative. Comment être programmé dans une salle comme l’Affranchi ? Quelles sont les bonnes pratiques concernant le live ? Miloud vous dit tout !

Pour SoundBirth : Maxime Marmoz, CEO. SoundBirth est une application tout-en-un qui permet aux artistes de créer un lien direct avec leurs fans. Comment optimiser la relation avec sa fanbase ? Comment gérer sa communication ? Maxime vous donne toutes les réponses.

Pour Believe Digital : Alexis Metaoui, Responsable Promotion Digitale. Believe Digital est le plus gros distributeur indépendant en France. Comment mettre son titre sur une playlist Deezer ? Comment maximiser ses pages artistes sur les plateformes ? Alexis vous donne des conseils concrets.

La chanteuse Elodie Martelet se produira en live acoustique à l’issu de la rencontre !

 

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LES RENCONTRES INDÉS À Nantes

Lieu & date : Nantes – Le Trempolino / 9 mai 2017 à 17h00

Inscription gratuite Eventbrite, cliquez ici (dans la limite des places disponibles)

Les experts présents :

Pour TuneCore : Mathieu Rousselot, Brand Manager France. Mathieu vous donnera des conseils sur la distribution digitale et tous les sujets qui y sont rattachés (plateformes digitales, modèles de distribution, rémunération, etc.)

Pour Scènes Locales : Will Lanthier, fondateur. Will est un spécialiste de la relation artiste et le développement de carrière, il est l’interlocuteur privilégié pour tout ce qui concerne la présence des artistes indépendants sur leur scène locale, et comment passer au niveau supérieur.

Pour le Trempolino : Chloé Nataf, Chargée de projet. Le Trempo est une salle mythique à Nantes. En plus d’une programmation exigeante, le Trempo a d’autres missions : c’est un lieu de formation, d’accompagnement et de développement des artistes indépendants… Comment être programmé au Trempo ? Comment gérer la distribution, la commercialisation et le numérique ? Chloé vous dit tout !

Séverin Merad : Manager, Label Manager, Programmateur. Séverin est un touche à tout dans le paysage musical : ils manage des artistes indés, gère plusieurs labels et est programmateur de 2 festival ! Comment gérer sa carrière ? Ai-je besoin d’un label, d’un manager ? Séverin vous donne toutes les réponses.

Lenparrot se produira en live acoustique à l’issu de la rencontre !

 

Contact Média :

Mathieu Rousselot, TuneCore
+33 (0)1 53 09 34 00
mathieu@tunecore.com

Nicolas Humbertjean
promonico@yahoo.fr 

A propos de Scènes Locales

Scènes Locales / Musiques Actuelles (www. scenes-locales.com) est le premier répertoire national de la scène locale. Présent sur tous les départements de l’hexagone, il offre aux artistes un profil complet unique avec toutes les infos réunies, met en lien une communauté et un large public, il répertorie les acteurs de la filière pro, gratuitement. C’est un outil d’Auto Promotion à destination des artistes indépendants, adapté aux nouveaux enjeux du digital. La plus grande scène de France ? Les scènes-locales!

10 Mythes qui Vous Empêchent de Percer dans la Musique

Cet article a été rédigé par Guillaume de Marketing Musical. Guillaume est un expert en promotion et en stratégie pour les artistes indépendants.

Quand on est musicien et que l’on souhaite percer dans l’industrie musicale et devenir professionnel, on entend toutes sortes de conseils et d’opinions à ce sujet. Malheureusement, beaucoup ne devraient pas être suivis et peuvent ralentir votre progression.

Vous souhaitez vraiment accélérer votre carrière musicale ? Arrêtez de croire ces mythes qui empoisonnent l’industrie.

1. Les télé-crochets sont la seule manière de réussir

À vrai dire, c’est certainement une des pires méthodes au monde pour percer dans la musique. Et pour cause, il s’agit là d’émissions de divertissement. La visibilité que vous pouvez gagner en participant à ce type de concours est immensément éphémère. Faites vous-même le test : hormis les vainqueurs, de combien de participants d’émissions de télé-crochet entendez-vous toujours parler ?

Si vous avez de la chance, vous pouvez utiliser cette opportunité et ce momentum pour construire votre carrière et votre communauté. Mais dans la plupart des cas, il ne s’agit pas d’une fin en soi et ne devrait donc pas être une vocation.

2. La priorité pour un musicien émergent est de s’entourer d’un label et d’un manager

Personne ne voudra de vous si vous ne connaissez pas déjà un certain succès et que votre communauté de fans n’est pas déjà un minimum conséquente. Aujourd’hui, l’industrie musicale cherche du retour sur investissement quasiment immédiat. Si vous ne développez pas vous-même votre potentiel alors vous n’avez aucune chance.

Pour cela, il faut réfléchir à votre musique, à votre équipe, à votre présence en ligne, à vos concerts, à votre stratégie, à votre branding, etc. Toutes ces choses se passent bien avant une quelconque signature avec un partenaire professionnel.

3. Il suffit de signer avec un label

Saviez-vous que la grande majorité des projets musicaux qui signent en label échouent tôt ou tard ? Malgré la signature, ils n’arrivent pas à générer assez de cash pour rembourser leur avance et finissent par quitter le label en question. Et pour cause, signer avec un label est bien plus risqué que d’avancer en indépendant. D’autant plus que la signature n’offre aucune garantie, mise à part celle de ne plus être en contrôle de votre musique et de votre chiffre d’affaires.

Après tout, le but premier d’un label est de générer des profits grâce à l’artiste et non pour l’artiste. Bien sûr, un bon label vous permettrait de gagner en force de frappe et en notoriété très rapidement. Mais il est important de savoir dans quoi on s’engage. Le label est un outil à envisager pour atteindre vos objectifs, mais il ne s’agit pas d’un objectif de carrière en soi.

4. Plus personne n’achète de musique, même plus les fans

La vérité est que les vrais fans achètent encore et toujours ce que leurs artistes préférés leur proposent. Mais l’ancien modèle du marché de la musique qui consistait uniquement à vendre de la musique est effectivement en déclin.

Aujourd’hui, si vous souhaitez vendre à vos fans vous devez comprendre comment faire marcher un business musical et réfléchir tel un vrai entrepreneur en créant des expériences et des offres que veulent vraiment vos fans. Vous n’irez pas bien loin avec quelques streams sur Spotify ou quelques ventes sur Bandcamp ou iTunes.

5. Il faut vivre dans une grande ville pour se faire connaître

Le fait est que la ville dans laquelle vous êtes basé ne détermine en rien votre réussite dans l’industrie. Surtout à l’heure d’Internet, de Facebook, de Twitter, d’Instagram, de YouTube et des emails.

Peu importe où vous vivez, ce sont vos actions qui déterminent la progression de votre carrière musicale. C’est à vous de créer et de saisir les bonnes opportunités en fonction de ce qui est réellement à votre disposition. Et avec le web, les possibilités sont déjà quasiment infinies.

6. Le talent est tout ce qui importe

Vous pouvez faire la meilleure musique au monde ou mettre en place le concert le plus extraordinaire de l’année, si vous ne savez pas promouvoir votre produit alors personne ne l’achètera.

Et ce n’est pas avec une publication ou un événement Facebook que vous allez résoudre cela. Avant de penser à la vente du fruit de votre labeur, vous devez réfléchir à l’acquisition et à la fidélisation de vos fans. Sinon à qui allez-vous vendre votre art ?

Bien sûr, le talent et la musique comptent pour beaucoup dans l’équation finale. Mais sans promotion vous n’irez nulle part, surtout dans un marché musical déjà hyper-saturé. Vous avez besoin de soigner votre image de marque et de développer votre marketing et votre présence en ligne. Vous devez investir votre temps et votre énergie dans votre promo, si vous voulez avoir la chance de vous professionnaliser grâce à votre talent.

7. Il faut avoir des millions de fans pour vivre de sa musique

Si vous pensez qu’il vous faut autant de fans que Beyoncé, U2 ou Taylor Swift pour vivre confortablement de votre musique, alors ça va être compliqué. La bonne nouvelle, c’est que le nombre de fans ne définit pas le succès d’un artiste. La gloire et la notoriété ne sont en rien des conditions requises pour la fidélisation et la monétisation de votre fanbase.

Des milliers de musiciens gagnent leur vie grâce à leur musique, alors qu’ils n’ont que quelques centaines ou milliers de fans. À vrai dire, la grande majorité des artistes qui gagnent bien leur vie grâce à leur business musical sont totalement inconnus du grand public. Ainsi, à vous de voir ce que vous recherchez vraiment : la célébrité ou la professionnalisation ?

8. Il faut être jeune pour réussir

La réalité est que l’âge importe très peu pour la plupart des acteurs de l’industrie musicale. Et pour cause, dans tous les secteurs de celle-ci, vous trouverez des musiciens et des professionnels de plus de 30 ans, 40 ans, 50 ans ou même 60 ans. Vous pensez que cela ne s’applique pas à vous, car vous faites de la musique destinée à un public jeune ? Sachez que David Guetta aura bientôt la cinquantaine et Madonna la soixantaine. La musique importe plus que votre date de naissance.

Votre âge ne sera jamais un problème, à moins que vous vous focalisiez dessus. Comme dans n’importe quelle industrie, du moment que vous offrez de la valeur à votre audience, vous pouvez réussir.

9. Il faut avoir un réseau énorme pour percer

Votre réseau ne sert à rien, si vous ne suscitez pas d’intérêt. Vous pouvez connaître du monde dans des majors ou de grands médias, absolument rien ne se produira si vous n’avez pas plus de valeur à offrir que le musicien moyen et que vous manquez de notoriété dans l’industrie. Vos contacts sont totalement inutiles, si vous ne savez pas comment les intéresser.

Il faut donc commencer par créer du mouvement autour de votre projet musical plutôt que de réfléchir d’ores et déjà en termes de networking et de réseau. Chaque chose en son temps.

10. Il faut un budget conséquent à investir dans sa carrière

Bien sûr, l’argent peut vous aider à accomplir bien des choses dans l’industrie musicale. Cependant, et c’est d’autant plus vrai de nos jours, il y a énormément de manières de construire votre marque et d’acquérir des fans potentiels ciblés sans dépenser le moindre euro. Par exemple :

  • Optimisez et maximisez votre présence en ligne et vos réseaux sociaux
  • Contactez des influenceurs dans votre niche musicale
  • Faites des concerts en ligne
  • Soyez proche de votre communauté afin d’encourager l’engagement et le bouche-à-oreille
  • Agrandissez votre réseau et faîtes-vous connaître dans votre niche musicale

Si vous faites tout cela en vous assurant de renvoyer une image professionnelle, alors vous gagnerez forcément en visibilité. Et le jour où vous pourrez investir dans votre projet musical, vos résultats seront décuplés.

INTERVIEW : Emmanuel Lebarbier, fondateur de ConfliktArts

Propos recueillis par Mathieu Rousselot, Brand Manager France

 

1. Qui es-tu? Quel est ton parcours?

Bonjour, je suis le fondateur de ConfliktArts.

J’ai débuté il y a 15 ans en manageant mon groupe. Ce n’était pas forcément une vocation mais plutôt une nécessité car les autres membres n’avaient pas le temps pour chercher des dates, s’occuper du Merch… Finalement cela m’a plu, j’ai commencé à proposer mon aide à certains groupes locaux. A côté, j’étais disquaire. J’ai décidé en Août 2006 de lancer ConfliktArts, l’idée était de regrouper les principaux besoins de fabrication des artistes autoproduits sur une même plateforme.

2. Peux-tu nous résumer l’aventure ConfliktArts?

Nous avons démarré il y a 10 ans, nous travaillons aujourd’hui avec + de 30 000 groupes à travers la France, Belgique, Suisse mais aussi Espagne, UK , Allemagne, Italie et Grèce. Actuellement nous fabriquons 250 nouveaux albums (références) chaque mois ! Que ce soit en CD ou en Vinyle. Le CD reste une étape importante pour un jeune groupe amateur car premièrement cela représente encore l’aboutissement physique d’un projet et deuxièmement la vente après les concerts reste la principale source de revenus très loin devant tout autre mode de commercialisation.

 3. Que proposez-vous? Est-ce que vous vous adressez à tous les artistes? 

Nous accompagnons tous les artistes dans leurs besoins de fabrication essentiellement. Du sticker jusqu’au pressage de leur vinyle ! Les groupes passent commande très simplement et en autonomie sur le site. De notre côté, grâce à notre volume de commandes, nous sommes en mesure de leur proposer le meilleur rapport qualité / prix du marché.

 4. Si je suis un artiste indépendant TuneCore, que je démarre ma carrière, avec un EP en ligne, quels conseils me donneriez-vous en terme de Merch / CD / Vinyles…?

Je vais paraître rétrograde mais le CD est le produit le plus intéressant pour un groupe car très peu cher à fabriquer (- d’1 € en moyenne) et il peut se vendre en concert 10 €, c’est facile à transporter, à vendre, facile à embarquer pour le fan et un billet de 10 sans monnaie à rendre.

Honnêtement, même si personne n’est dupe sur l’usage qui s’en fera ensuite et qu’évidemment le fan préfèrera au quotidien écouter sur son téléphone via Spotify ou Youtube, le CD reste un objet que les fans aiment acheter.

Le vinyle est vraiment top mais plus compliqué à trimballer en tournée, beaucoup plus cher à fabriquer et le prix de vente peut parfois freiner.

Le T-shirt est un produit qui arrive quasi tout le temps après le CD dans les besoins d’un groupe. Je pense qu’ils ont besoin que le produit existe… Alors oui le CD encore et encore 😉

5. Plus globalement, en quelques lignes, quelle est la stratégie/les bonnes pratiques en terme de Merch / CD  / Vinyles…? Cela dépend-il de mon audience, de mon style musical ou autre? 

Ca dépend surtout du niveau de développement du groupe !

On ne parle que très rarement des groupes qui ne font qu’une dizaine de concerts par an, pourtant ils représentent la grande majorité des groupes en France !

Ils jouent dans les bars, à la fête de la musique, achètent des instruments, distribuent leur musique sur les plateformes…

Mais cela reste insuffisant pour en vivre, insuffisant pour développer une large fan base sur les réseaux sociaux ni même vendre avec un shop en ligne et ne parlons pas de vendre en magasin.

Ils doivent se concentrer sur le live, vendre leurs produits à la fin des concerts, donc encore une fois le N°1 est le CD, ensuite un vinyle si ils veulent se faire plaisir mais le T-shirt peut très bien être le produit N°2.

Lorsqu’un groupe dépasse les 30 concerts par an, il peut commencer à envisager les choses autrement, les fans commencent à arriver sur la page Facebook et il est possible de préparer des produits plus ambitieux.

Quant aux styles de musique, oui chaque style a ses pratiques. Nous pouvons voir que le Rap va plus facilement zapper le Cd pour avoir uniquement la musique en streaming et vendre du Merch. Le groupe de Métal va rester attaché au physique et particulièrement au vinyle et t-shirts. Le groupe de Chanson va quant à lui sortir un CD car il aura plus de possibilités de jouer en live et donc de vendre facilement cet objet.

Enfin chaque groupe doit faire en fonction de ses revenus sans oublier qu’il n’y a pas de règle absolue et c’est ce qui rendra leur démarche intéressante auprès de leurs fans, toujours essayer de surprendre !

6. Comment gérer ses stocks? 

Pour les petits groupes cela se fait souvent chez l’un d’entre eux, cela peut parfois poser des soucis d’organisations mais il faut atteindre un certain volume avant de pouvoir externaliser sa logistique, cela reste couteux.

Disons que lorsqu’on arrive à un passage journalier à la poste pour envoyer ses colis, il faut peut-être y réfléchir et trouver une solution pro.

7. Quelles sont les prochaines étapes pour ConfliktArts ?

En ce qui nous concerne, continuer à accompagner les groupes autoproduits dans leurs besoins. Essayer de coller au maximum à leurs problématiques en s’adaptant aux évolutions du marché. Ce qui n’est pas évident car il y a plusieurs vitesses et ce que certains groupes vivent peut ne pas du tout correspondre à d’autres groupes qui en sont à un autre stade de développement.

Les jeunes groupes ont besoin de jouer, de trouver des bars sympas où ils sont bien accueillis avec une bonne sono et d’apprendre progressivement à se professionnaliser. Nous continuerons donc à les accompagner dans ce sens.

Pour en savoir plus sur ConfliktArts, c’est ici: www.confliktarts.com

FOCUS ARTIST : Paerish nous explique les clés de leur succès!

Propos recueillis par Mathieu Rousselot, Brand Manager France

Paerish est un groupe de rock indé basé à Paris. Ils mettent en ligne leur 1er single via TuneCore à l’été 2015. Très vite, ils se font repérer par l’équipe éditoriale de Spotify France qui met un titre du groupe dans une playlist découverte Indie Rock.

Le titre est repris par Spotify dans d’autres pays avant d’être mis en avant sur une des playlists les plus influentes sur Spotify US. C’est le début du succès pour ce jeune groupe qui décide de rester en indé pour sortir leur 1er album sur TuneCore ‘Semi Finalists’, sorti en décembre 2016. Les dates s’enchainent dans toute l’Europe.

Ils nous parlent de leur parcours.

1. Racontez-nous votre histoire, les étapes importantes

Julien (batterie) : Le groupe a commencé en 2010 en tant que trio : Mathias, Martin et moi. On a écumé pas mal de salles parisiennes sous cette formation. En 2012, Frédéric a intégré le groupe, ce qui a permi de durcir notre son et de sortir un peu de l’agglomération parisienne pour jouer. Après quelques temps, on a commencé à faire des premières parties cool en ouvrant pour Moving Mountains, We Were Promised Jetpacks, TheWorldIs… Et plus récemment, une tournée de trois semaines avec les américains de Silversun Pickups. L’étape qui a tout changé pour nous c’est l’exposition que nous a donné Spotify en nous prenant sous leur aile.

2. D’où viennent vos influences musicales?

Martin (basse) : On a tous grandi avec les mêmes influences rock américain comme les Smashing Pumpkins, Blink 182 et tous ces groupes, mais on essaie aussi de mélanger tout ça avec nos influences actuelles comme les écossais de Biffy Clyro ou les australiens de Violent Soho. Après on ne calcule pas quand on compose, tout vient assez naturellement, mais les influences se sentent quand même !
Julien : Des groupes qui ont un gros son mais qui ne sacrifient pas les mélodies pour autant, au contraire !

3. Peut-on vraiment fonctionner en DIY aujourd’hui ou est-ce un mythe ?

Martin : A notre échelle, ça fonctionne encore, même si on est aidés par un super management aux Etats-Unis, on réussit à quasiment tout faire nous même. De la sortie de nos chansons, à la production du merch et la préparation des tournées. Ca prend énormément de temps et d’énergie mais c’est aussi très gratifiant !

4. Combien avez-vous dépensé pour la production de votre album? L’image ? La promotion?

Martin : On avait fait une campagne de crowdfunding pour notre album ce qui nous a permis de ne pas sortir trop d’argent de notre poche même si on a du investir pour avoir le meilleur son possible.

On a aussi eu la chance, de bien marcher sur Spotify via Tunecore, ce qui nous a garanti des rentrées d’argent régulières afin de ne plus avoir à investir de notre poche.

Julien : La production de l’album nous a coûté aux environs de 10 000 euros.

5. Quels conseils donneriez-vous à un artiste qui débute sur TuneCore? En terme de production, d’image, de marketing, de gestion des réseaux sociaux, de promotion, etc. ?

Martin : Déjà ne pas acheter de fans, followers ou de vues, ça se voit ! Après il faut aussi trouver le bon équilibre entre être présents sur les réseaux et spamer les gens et les lasser !

On a toujours été nous-mêmes dans notre communication, donc je suppose que c’est ce qu’il faut faire !

6. Quels sont les avantages du DIY vs un accompagnement par un label ?

Martin : La totale liberté artistique ! On a quelques amis signés par des labels qui ont été contraints de faire des choses qu’ils ne voulaient pas faire, alors qu’en DIY on fait ce qu’on veut.

Mais du coup tout est plus compliqué et plus long, il faut être débrouillard et avoir de l’envie pour rester DIY.

Julien : Les deux ont leurs bons et leurs mauvais côtés, il faudrait pouvoir mixer tout ça !

Quelles sont les prochaines étapes?

Martin : Nous venons de sortir un nouveau clip pour la chanson “Semi Finalists” et nous partons du 16 Janvier au 11 Février en tournée pour assurer la première partie de Sum 41 dans toute l’Europe, c’est un rêve qui se réalise !

photo par Margot Mchn